Lieux d'origine

LIEUX D’ORIGINE
2017

Photographies, video et performance

Pour Lieux d’origine, Loan Nguyen revient à la photographie et elle se rend dans le village indiqué comme tel sur son passeport et celui de ses enfants, mais qu’elle ne connaît pourtant pas. Cette désignation administrative témoigne d’une histoire familiale qui n’est plus que le souvenir d’un souvenir, tout en l’incluant dans une histoire collective qui la constitue. Elle cherche dans le village des indices de ce passé, des traces de ce qui la lierait à ce lieu. Mais, tout comme une photographie est un acte de mémoire plus qu’un récit historique, ce passé se dérobe et ne lui renvoie qu’une énigme mémorielle (une mémoire en devenir et non une mémoire figée ou certaine) dont les photographies vont témoigner. Chaque image se met à dire : je suis une forme de question plus qu’une réponse. Elles décrivent un présent traversé de passé, sans que le lien de l’un à l’autre ne soit évident ou explicitement déterminant. Un paysage devient curieusement évocateur, une grappe de raisin un artefact mystérieux : ainsi de toute origine, qui, comme la photographie, ne recouvre aucune forme de vérité, ne témoigne d’aucune forme de réalité, mais fait prendre part à une histoire qui dépasse l’individuel. Pourtant, tant que l’image n’est pas vue comme artifice et les origines comme factices, les êtres sont perçus comme des objets et la vie comme un alignement de principes. Lieux d’origine témoigne du lien qui nous attache à ce qui nous précède, à là d’où nous venons, au-delà du hasard de la naissance et comme question adressée à nous-mêmes.